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49 Nord 6 Est - Frac Lorraine

Le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine se positionne comme une structure révélatrice de la pluralité qui l’entoure. Il propose des expositions, débats, conférences, projections de films, concerts et performances.

Actif dans une région dont les contours ont régulièrement changé au fil du temps, le Frac se détache des formes établies pour questionner, dans sa programmation dédiée aux arts contemporains, les hiérarchies et canons de la tradition artistique — masculine, blanche et occidentale. Il opère en tant qu’espace d’échange et de débat qui soutient la création, la réflexion et l’expérimentation, considérés comme des moyens d’œuvrer contre les replis identitaires.

Claire Pentecost, Proposal for a New American Agriculture, 2006 Vue de l’exposition Présences Voyageuses 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine, Metz (FR), 2019. © C. Pentecost. Photo : Fred Dott
Claire Pentecost, Proposal for a New American Agriculture, 2006 Vue de l’exposition Présences Voyageuses 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, Metz (FR), 2019. © C. Pentecost. Photo : Fred Dott

Ses activités se déploient sur l’ensemble du territoire lorrain, et tout particulièrement à Metz, dans l’hôtel Saint Livier, ainsi qu’à l’échelle du Grand Est, en réseau avec le Frac Alsace et le Frac Champagne Ardennes. Sa collection de 1530 œuvres est attentive à la place accordée aux artistes femmes dans l’écosystème artistique. Elle permet de réaliser des projets en coopération avec des partenaires sur le territoire, visant à sensibiliser le public et à interroger son environnement.

Fanny Gonella © Photo : Celine Gaille
Fanny Gonella © Photo : Celine Gaille

La pertinence sociétale des projets est la condition de leur existence

Mais qu’est-ce que vous faites exactement au Frac ? C’est probablement la question qui m’a été le plus souvent posée à mon arrivée. Ayant évolué dans un contexte professionnel où cette institution n’est pas familière, donner une réponse concise demandait réflexion. D’autant plus qu’elle se devait de refléter la diversité des actions proposées : une structure élastique, tout terrain, qui peut se glisser sur un marché ou dans une école, qui est capable d’agir dans tout type de contexte, et qui continue de découvrir de nouveaux champs d’action.

Pour impressionner mes anciens collègues à l’étranger, j’explique parfois que nous réalisons environ six expositions par an dans notre bâtiment, et dix-huit à travers la région. Généralement, iels me font répéter ces chiffres, et deviennent pensif.ves à l’écoute du second. Il est vrai que cela n’est pas courant comme mode opératoire dans le monde des arts visuels. Heureusement il y a toute une équipe qui rend cela possible, grâce à leurs savoir-faire et leur inventivité, ainsi que leur connaissance des artistes, de leurs œuvres, et de nos partenaires.

Dans cette configuration de travail, la pertinence sociétale des projets est la condition de leur existence. Historiquement, le Frac Lorraine est engagé dans le féminisme et l’écologie au sens large. Ce travail se poursuit au quotidien dans un effort de déconstruction des normes qui gouvernent la société et nos sensibilités, mais aussi des mécanismes comme le validisme qui invisibilisent une partie de la population. L’œuvre d’art, en produisant son propre langage, constitue une ressource essentielle pour s’approprier la complexité émotionnelle du présent dans lequel nous réapprenons constamment à nous déplacer. Il est donc essentiel de remercier les artistes, qui rendent cela possible et nous permettent d’avancer dans cette direction.

— Fanny Gonella, Directrice du 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine

Suite à des études d’histoire de l’art à l’Ecole Du Louvre et à la Sorbonne Paris I, Fanny Gonella a participé à un programme d’échange de l’OFAJ et travaillé à la Hamburger Kunsthalle. A Berlin, elle a travaillé pour la galerie neugerriemschneider et monté l’espace Indépendant Korridor, pour ensuite réaliser des projets à Vienne, Copenhague, Paris, Berlin et Tel Aviv. Elle a obtenu le programme curatorial Kurator à Rapperswil, Suisse. Elle travaillait précédemment comme curatrice au Bonner Kunstverein, Bonn, où elle a organisé des expositions de Claire Hooper, Timur Si-Qin, Anna Virnich, Ed Atkins et Luca Frei. En 2013, elle a reçu la bourse de recherche à New York de l’Institut Français, en partenariat avec Independent Curators International. En 2014, elle prend la direction de la Künstlerhaus Bremen où elle a présenté des expositions personnelles de Henning Fehr et Philipp Rühr, Lina Hersmdorf, Margaret Honda, Marie Angeletti, Sidsel Meineche Hansen, Armando Andrade Tudela, Nadira Husain et Tomaso De Luca, mais également des expositions de groupe autour du champ d’action dévolu aux femmes sur le modèle du roman picaresque, sur l’extension de l’espace public dans l’espace numérique, sur les rapports entre structures de pouvoir, possibilités d’auto-représentation et économies du désir à partir d’une publication de Lynda Benglis. Elle rejoint le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine en 2018.

exposition dans les murs

À plusieurs

1bis Rue des Trinitaires 57000 Metz

Tabita Rezaire, Waning Moon (From Satellite Devotion), 2019
Tabita Rezaire, Waning Moon (From Satellite Devotion), 2019
12.03
15.08
2021

Tarek Lakhrissi, dont le travail a croisé notre chemin grâce à Christelle Oyiri, invite : Inès di Folco et Ibrahim Meïté Sikely

Josèfa Ntjam, dont le travail a croisé notre chemin grâce à Barbara Sirieix, invite : Mawena Yehouessi aka M.Y, Nicolas Pirus, Sean Hart, Fallon Mayanja, Hugo Mir-Valette et Borgial Nienguet Roger

Tabita Rezaire, dont le travail a croisé notre chemin grâce à Claudia Medeiros, invite : Yussef Agbo-Ola, Julien Creuzet, Hlasko, Elsa Mbala, Jenny Mbaye, Memory Biwa & Robert Machiri, Aisha Mirza & Mahta Hassanzadeh, Liz Mputu, Nolan Oswald Dennis, Bogosi Sekhukhuni, Justine Shivay

Kengné Téguia, dont le travail a croisé notre chemin au fil des recherches


"À plusieurs" s’articule autour d’un processus de déplacement des rôles et des points de vue. Conçue comme une plateforme ouverte et multipolaire, l’exposition fait apparaître des espaces d’échange artistique fondés sur des communautés d’expériences.

Interrogeant nos points de contact avec le continent africain par le biais de l’hybridité, nous avons voulu rendre visibles les chemins qui nous ont mené.e.s aux rencontres avec ces artistes, mettre en lumière une cartographie d’appui. Le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine fonctionne ainsi sur un format nouveau, accueillant quatre artistes issus des diasporas africaines, conviés à inviter à leur tour celles et ceux avec lesquelles ils.elles collaborent, co-créent ou dialoguent.

Tarek Lakhrissi (1992, Châtellerault, vit et travaille entre Paris et Bruxelles) mêle dans sa pratique performance, écriture, film et sculpture, s’inscrivant dans une stratégie d’émancipation des narrations dominantes. Pour"À plusieurs" , il choisit d’inviter Inès di Folco et Ibrahim Meïté Sikely pour une réflexion partagée sur la prédation. Tabita Rezaire (1989, Paris, vit et travaille à Cayenne, en Guyane) se présente comme une guerrière de la guérison. Son travail, à l’intersection entre technologie et spiritualité, est présenté ici par le biais de son centre lunaire, un dispositif qui reçoit des contributions sonores et filmiques de sources multiples : herboriste, astrophysicienne, chamane…. Josèfa Ntjam (1992, Metz, vit et travaille à Saint-Étienne) sonde les propriétés de la matière pour aller vers le trouble, dépasser les systèmes de dominance et la binarité qui en découle. Les artistes qu’elle invite co-produisent avec elle et sont issus pour la plupart d’un même collectif. Enfin, Kengné Téguia (1987, Orléans, vit et travaille à Paris) a choisi d’être présenté seul, rappelant que ce schéma communautaire ne peut être systématique, voire qu’il est dysfonctionnel pour certains : noir, cyborg, sourd, séropositif, l’artiste est à la recherche de sa communauté et de la capillarité qui en découle, se plaçant lui-même dans une intersectionnalité et une pluralité.
L’exposition s’appuie sur un renversement des mécanismes habituels de pouvoir et ne présente ni voix dominante, ni climax, ni linéarité ou centre. Elle est conçue par agrégation, sur le modèle d’un soi atomisé.

Une invitation a été faite à la curatrice Mawena Yehouessi pour une autre écriture des textes accompagnant l’exposition. À plusieurs est également l’occasion pour le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine d’initier une restructuration à long terme des modalités de médiation et d’accueil des publics minorés. Les contenus de l’exposition et de la programmation culturelle associée sont pensés pour une équité de réception des publics sourds et entendants.

À plusieurs ouvre des espaces communs en soulignant l’impossibilité d’un modèle de travail praticable par tou.te.s. L’exposition tente de réfléchir aux conditions d’existence d’une production artistique : comment celle-ci se fait le reflet d’une réalité démographique faite de déplacements et agrégations – par nature décentrée et plurielle.

— Fanny Gonella, Agnès Violeau

exposition hors les murs - établissements scolaires

Ecotopia

3 Avenue d'Urville 57530 Courcelles-Chaussy

Ecotopia © Céline Kriebs, Jean Chauvelot
Ecotopia © Céline Kriebs, Jean Chauvelot
09.04
04.05
2021

Des mots, des cris, des slogans, des signes ; les œuvres présentées dans cette exposition évoquent la contestation. Elles traduisent les revendications des artistes en lien avec l’écologie, l’immigration, le travail, les libertés publiques. L’exposition fait écho au livre d’Ernest Callenbach, Ecotopia, qui a donné son titre au projet. Elle donne un aperçu de la transition à accomplir pour accéder à un monde davantage centré sur le respect et la coopération.


ECOTOPIA

Le projet Ecotopia part d’une rencontre naturelle entre les 3 FRAC et 12 lycées agricoles du Grand Est, réunis pour la première fois depuis la création de la région Grand Est. Ensemble, ils proposent un éventail d’expériences artistiques, qui se déploie bien au-delà du domaine des arts visuels. Ce projet vise à expérimenter, interpeller les sciences sociales comme les sciences naturelles, lier les domaines artistiques et techniques, sur un mode pluridisciplinaire et collectif.

Le projet Ecotopia renvoie aux convictions et aux problématiques environnementales soulevées dans l’enseignement agricole. Il est en prise directe avec les mutations profondes qui touchent l’agriculture et les territoires ruraux, en partie causées par la crise climatique actuelle. Pour limiter notre impact écologique, nous nous trouvons aujourd’hui face à la nécessité d’une remise en cause radicale de notre société, des moyens de production jusqu’à nos modes d’alimentations. Les acteurs et actrices du monde agricole sont parmi les populations les plus touchées par les changements climatiques et sociétaux qui en découlent.

Sans catastrophisme ou pessimisme, le projet Ecotopia se concentre sur le lien étroit qui existe entre climat social et climat environnemental. Empruntant son titre au roman d’anticipation d’Ernest Callenbach (1975), il envisage un monde davantage centré sur le respect et la coopération.

Acquisition récente
Publication récente

Acquisition récente

Bruno Pelassy, Sans titre

Bruno Pelassy,
Sans titre, 2001.
Série Bestioles.
Plumes de boa rose, plastique, mécanisme de jouet, 20x45x34cm.
Achat auprès de la galerie Air de Paris, Paris.
Collection 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine. © droits réservés.

Bruno Pelassy, Sans titre, 2001. Série Bestioles. Plumes de boa rose, plastique, mécanisme de jouet, 20x45x34cm. Achat auprès de la galerie Air de Paris, Paris. Collection 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine. © droits réservés.
Bruno Pelassy, Sans titre, 2001. Série Bestioles. Plumes de boa rose, plastique, mécanisme de jouet, 20x45x34cm. Achat auprès de la galerie Air de Paris, Paris. Collection 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine. © droits réservés.

Bruno Pelassy est formé à la création textile et à la joaillerie avant de côtoyer de nombreux artistes de sa génération à la Villa Arson qui se sont emparés de questions autour du genre et du travestissement des corps. Né en 1966 à Vientiane (Laos), il décède prématurément du Sida qu’il contracte en 1987 alors qu’il a peine 21 ans.

Dans les années 1990, le Sida est déjà̀ une réalité́ depuis quelques années ; artistes et activistes s’emparent du sujet et de sa violence. Le travail de Pelassy présente un goût pour la métaphore, l’assemblage et la mise en scène, traduisant l’ambivalence entre un désir de vie et la conscience d’une mort prématurée. Icône de sa génération, il a influencé profondément toute une génération d’artistes tout en restant lui-même largement méconnu.

La série Bestioles réunit de petits assemblages d’inspiration animalière, souvent de petite taille, et animés par des mécanismes de jouets. L’ambivalence entre la préciosité des matériaux, leur côté flamboyant et la précarité des moteurs de jouets bon marché est caractéristique de cette série.

Ces ‘inventions’, comme il les a appelées, ont leur propre vie et se déplacent en couinant, chantant ou vibrant dans l’espace d’exposition, invitant le spectateur à la rêverie et la fascination. Elles sont impossibles à maitriser et font preuve d’une grande indiscipline, s’enfuyant volontiers des salles, se cognant dans les socles ou entravant la marche des visiteurs. Elles sont pleines d’humour tout autant qu’elles annoncent un destin tragique.

Publication récente

Aurélie de Heinzelin : 23 mains à contre-jour

Aurélie de Heinzelin
23 mains à contre-jour, 2021
Edition limitée à 125 exemplaires
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Disponible au Frac Lorraine ou par correspondance
€ 5,00
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Graphisme : Maud Guerche
Marquage : Atelier Bulk
Impression et façonnage : Alliance Partenaires Graphiques

© Aurélie de Heinzelin ; Photo : Aurelien Mole
© Aurélie de Heinzelin ; Photo : Aurelien Mole

Aurélie de Heinzelin présente à l’occasion de son exposition dans l’espace Degrés Est, l’édition 23 mains à contre-jour. Reprenant l’ensemble de la série exposée Mains à contre-jour, composée de 22 dessins au pastel sec sur papier, l’édition est un poster à déplier soi-même. Plié, le poster prend la forme d’un livre aux pages blanches.

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Aurélie de Heinzelin (née en 1980 à Rouen, vit et travaille à Strasbourg) est diplômée de la HEAR de Strasbourg ainsi que l’université de Rouen où elle a effectué un Mastère en littérature. Invitée par le Frac Alsace, l’artiste présente pour la sixième occurrence de Degrés Est un projet in situ et revisite le thème du gisant.

Comité technique d'achat

Marie Cozette
Directrice du Centre Régional d’Art Contemporain – Occitanie, Sète
Fanny Gonella
Directrice du 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine
Anna Gritz
Curatrice au Kunst-Werke, Berlin
Hannes Loichinger
Université des arts appliqués de Vienne

Administration

Roselyne Bouvier
Présidente
Fanny Gonella
Directrice

Contact

49 Nord 6 Est - Frac Lorraine
1bis rue des Trinitaires, 57000 Metz, France

info@fraclorraine.org
T. +33 (0)3 87 74 20 02

Heures d'ouverture

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