
Blackground : murmures des mornes rassemble près d’une cinquantaine d’artistes qui travaillent à partir des survivances de l’esclavage colonial1.
Les pratiques des artistes réunis dans cette exposition cherchent à élargir les formes que peuvent prendre la mémoire, à mettre en lumière et occuper les « manques » de l’histoire officielle, mais aussi à créer à partir de gestes et traces de résistances. Elles partent du postulat que le monde dans lequel nous vivons ne peut se comprendre sans ce blackground, arrière-plan noir qui résiste à l’intérieur même de l’histoire de la domination. Leurs œuvres nous amènent à écouter les chants, les cris et les chuchotements qui viennent des mornes, espaces de marronnage, de refuge et de communauté, tout en refusant le spectacle de la violence.
Le projet Blackground : murmures des mornes se déploie en plusieurs espaces et temps. D’abord par un ensemble d’expositions au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, au Frac MÉCA, à la Bibliothèque Mériadeck ainsi qu’au Musée d’Aquitaine. Dans ces institutions partenaires, chaque exposition collective répond au contexte particulier dans laquelle elle s’inscrit : le Capc se pose la question de la plantation et du monument à partir de son inscription dans un ancien entrepôt de denrées coloniales ; au FRAC MÉCA, c’est la vue sur la Garonne qui engendre une réflexion sur et par l’eau ; à la Bibliothèque Mériadeck, ce sont les écrits de Maryse Condé, Angela Davis et Suzanne Roussi-Césaire qui forment un noyau de réflexion sur la langue; et enfin, au Musée d’Aquitaine, des œuvres s’infiltrent dans le parcours permanent pour offrir des points de fuite à l’histoire officielle.
Plus tard dans l’année, c’est à la Fabrique Pola puis aux Archives de Bordeaux Métropole, que l’artiste Simon Gabourg est invité à développer un projet qui part d’une réflexion sur l’histoire de la culture du caoutchouc, entre la Guadeloupe, la France et le Vietnam.
MÉCA
5, Parvis Corto Maltese
33 800 Bordeaux, France
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T. +33 (0)5 56 24 71 36