exposition dans les murs

Nous irons tous au paradis

Amélie Bertrand, "From Dusk Till Dawn", 2019 / Courtesy Semiose, Paris © Adagp, Paris, 2021 - photo : Aurélien Mole
Amélie Bertrand, "From Dusk Till Dawn", 2019 / Courtesy Semiose, Paris © Adagp, Paris, 2021 - photo : Aurélien Mole
23.10.21
06.03.22

Nous irons tous au paradis* sonne à la fois comme une échappatoire édulcorée et méditative, une envie de fuite teintée d’humour, une vision grinçante et acidulée d’une certaine décrépitude ambiante. « J’aime imaginer que, semblables à ces fameux trous noirs de l’univers, il y a des trous d’humour noir où se trouve l’antimatière à rire » disait François Morellet** dont l’œuvre Répartition aléatoire de 40 000 carrés ouvre l’exposition pour une géométrie joyeuse !

Un environnement spatial fait de tissus aux motifs abstraits et conçu spécifiquement par Bruno Peinado rythme un premier espace dans lequel des peintures et sculptures tout aussi abstraites se dévoilent au fur et à mesure de la déambulation. Des motifs moléculaires, organiques, voire des composés chimiques sont prétextes aux œuvres de Sylvie Fanchon, Roy Köhnke et Mark Geffriaud. D’autres œuvres, comme Medulla Tab de Marion Verboom, prennent corps à partir de mythes, traversent les époques et en expérimentent les matières. L’abstraction joyeuse et stellaire gagne les œuvres d’Antoine Duchenet, d’Ida Ekblad et de Samir Mougas. Haute en couleur et de forme improbable, la sculpture de David Renggli campe cependant l’idée d’un personnage, tandis que l’échelle
HAHAHA - ascension sociale d’Elsa Werth se pose comme un rire sans fin face à une tentative absurde d’ascension.

La série de dessins de Genêt Mayor opère un glissement vers une ouverture narrative des œuvres de la seconde salle. L’art, l’intime, la fête et même la mort y sont autant de sujets sublimés, détournés ou conjurés non sans humour par les artistes. Ainsi, le diptyque peint From Dusk Till Dawn, d’Amélie Bertrand, s’inspire-t-il du film d’horreur au titre éponyme écrit par Quentin Tarantino dans les années 90 et repris récemment dans une série télévisée à succès, plus connue en français sous le nom de Une nuit en enfer.

L’exposition se clôt par la diffusion du film Jonathan Livingston (2013) de François Curlet dont la bande originale fraîchement confiée à Xavier Boussiron et Marie-Pierre Brébant retrace le parcours sans fin d’un personnage égaré en rase campagne à bord de sa jaguar type E, transformée en corbillard.

* Titre du film d’Yves Robert sortie en 1977
** Citation : Catalogue d’exposition Musée Würth France Erstein, loc ; Cit. P.59

  • Amélie Bertrand, Émilie Breux, François Curlet, Jordan Derrien, Antoine Duchenet, Ida Ekblad, Sylvie Fanchon, Mark Geffriaud, Romuald Jandolo, Roy Köhnke, Élodie Lesourd, Ingrid Luche, Mac Adams, Genêt Mayor, François Morellet, Samir Mougas, Bruno Peinado, Nelson Pernisco, David Renggli, Mathilde Sevaux, Sarah Tritz, Julie Vayssière, Marion Verboom, Elsa Werth
— Commissaire(s) : Anne Cartel

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