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Endre Tot

Né en 1937 à Sumeg (Hongrie). Vit et travaille à Cologne (Allemagne).

Endre Tot, On est heureux quand on manifeste, Paris, 1979. De la série ‘Gladness Demo’ Tirage coleur vintage unique, 8,8 x 13 cm Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Endre Tot, On est heureux quand on manifeste, Paris, 1979. De la série ‘Gladness Demo’ Tirage coleur vintage unique, 8,8 x 13 cm Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac des Pays de la Loire

Endre Tot,
On est heureux quand on manifeste, Paris, 1979.
De la série ‘Gladness Demo’ Tirage coleur vintage unique,
8,8 x 13 cm
Achat à la Galerie Salle Principale, Paris.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

Endre Tot, Zero Demo, Viersen (Allemagne), 1980. De la série 'Zero Demo’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 10,2 x 14,8 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Endre Tot, Zero Demo, Viersen (Allemagne), 1980. De la série 'Zero Demo’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 10,2 x 14,8 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac Centre-Val de Loire

Endre Tot,
Zero Demo, Viersen (Allemagne), 1980.
De la série 'Zero Demo’, tirage noir et blanc gélatine argentique,
10,2 x 14,8 cm.
Achat à la Galerie Salle Principale, Paris.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

Endre Tot, Nowhere, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing', tirage noir et blanc gélatine argentique, 8.9 x 12.7 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Endre Tot, Nowhere, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing', tirage noir et blanc gélatine argentique, 8.9 x 12.7 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac des Pays de la Loire

Endre Tot,
Nowhere, 1980.
De la Série ‘Hopes in the Nothing',
tirage noir et blanc gélatine argentique,
8.9 x 12.7 cm.
Achat à la Galerie Salle Principale, Paris.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

Endre Tot, I'm doing nothing, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 8 x 12.7 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Endre Tot, I'm doing nothing, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 8 x 12.7 cm. Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac des Pays de la Loire

Endre Tot,
I'm doing nothing, 1980.
De la Série ‘Hopes in the Nothing’,
tirage noir et blanc gélatine argentique,
8 x 12.7 cm.
Achat à la Galerie Salle Principale, Paris.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

Endre Tot, I'm waiting for nobody, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 8.9 x 12.7 cm Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Endre Tot, I'm waiting for nobody, 1980. De la Série ‘Hopes in the Nothing’, tirage noir et blanc gélatine argentique, 8.9 x 12.7 cm Achat à la Galerie Salle Principale, Paris. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac des Pays de la Loire

Endre Tot,
I'm waiting for nobody, 1980.
De la Série ‘Hopes in the Nothing’,
tirage noir et blanc gélatine argentique,
8.9 x 12.7 cm
Achat à la Galerie Salle Principale, Paris.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

Endre Tót est l'une des figures les plus importantes de la génération néo-avant-gardiste hongroise et une figure emblématique de l’art conceptuel et du Mail art à l’échelle internationale.

Tót a développé ses idées conceptuelles avec les séries de Nothingness, Joy ainsi que Rain à partir de 1971. La première manifestation du Nothingness est apparue avec l’usage du caractère Zéro qui s’inscrit sur différents supports et dans différents médias. Sous le régime de János Kádár, premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier hongrois – le parti unique –, les possibilités pour les artistes alternatifs de rendre publique leurs expérimentations dans leur propre pays sont inexistantes. Sans exposition, sans perspective de partage, sans réception, quel intérêt y a-t-il à créer ? Afin d’éviter la censure de son pays, il se rend secrètement à Belgrade, capitale de ce qui était alors la Yougoslavie, et envoie ses œuvres à l’Ouest. En s’emparant de toutes les possibilités offertes par le Mail art, ses nouveaux travaux peuvent enfin circuler, être communiqués, photocopiés, renvoyés ; ils ont une adresse.

En 1971, le jeune historien de l’art Jean-Marc Poinsot l’invite à envoyer des contributions pour son ouvrage Mail art, communication à distance, concept ainsi qu’à la section « Envois » de la VIIe Biennale de Paris. Tót acquiert alors une reconnaissance internationale et se met à écrire spontanément aux artistes exposés. En envoyant ses travaux hors du pays, l’artiste s’octroie la maîtrise des modes de circulation de son œuvre ; celle-ci franchit le rideau de fer. Il affirme par-là puissamment son individualité, à une époque où elle est volontairement empêchée par l’État totalitaire. L’État exerce son pouvoir jusque dans les replis de la pensée. En œuvrant malgré tout, en secret, l’artiste affirme son existence propre.

La série de Joies (I am glad if, 1971 1976/2015), photographies de l’artiste mis en scène dans des situations banales, voire même dérisoires, démontrent le peu de libertés offertes : l’artiste est heureux s’il peut rester fixer un mur, s’il peut se regarder dans le miroir, s’il peut écrire avec la main gauche. L’art intègre la sphère intime puisqu’il ne peut se déclarer publiquement. Certaines des actions qu’il réalise ont toutefois lieu dans les rues de Budapest : l’artiste s’adresse aussi aux passants hongrois – quoiqu’en anglais. Les photographies qui rendent compte de ces actes nous présentent l’artiste seul, le sourire aux lèvres : il est heureux s’il peut suspendre ce panneau-là dans la rue, il est heureux quand il manifeste seul, sur un pont. Ses gestes furtifs sont réalisés à la vue de tous mais sans public prévenu autre que le photographe ; ils restent dès lors secrètement artistiques. Les images produites, si elles sont découvertes, ne peuvent être mal interprétées par le régime puisque les gestes sont parfaitement inoffensifs et les mots affirment la joie. Proche d’artistes affiliés à Fluxus tels que Robert Filliou ou Ben Vautier – avec qui il entretient une correspondance – Tót est marqué par la potentialité de faire fusionner l’art et la vie. Le langage semble réduit à des signes qui ont perdu toute valeur : les barres obliques comme les zéros s’alignent et se succèdent, contaminent le courrier comme les banderoles de manifestation (série de Zér0s). Ici, ce qui se répète réclame un sens, dans un monde où la rationalité semble avoir abdiqué face à la folie d’un régime totalitaire.

(Extrait du texte de Sophie Lapalu, janvier 2020)

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