Acquisition récente

Nadia Kaabi-Linke

Née en 1978 à Tunis. Vit à Berlin

Nadia Kaabi-Linke, Das Kapital–Epilogue : A Fable About the End of an Era, 2020. Installation multimédia : portail métallique, pierres, bois, câbles, vidéo couleur et sonore. Dimensions variables, vidéo 12''07', portail 535 x 195 x 4,5cm. Ed. 2/3 (+ 1AP). Achat à l'artiste. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
Nadia Kaabi-Linke, Das Kapital–Epilogue : A Fable About the End of an Era, 2020. Installation multimédia : portail métallique, pierres, bois, câbles, vidéo couleur et sonore. Dimensions variables, vidéo 12''07', portail 535 x 195 x 4,5cm. Ed. 2/3 (+ 1AP). Achat à l'artiste. Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés
2020
Collection Frac des Pays de la Loire

Nadia Kaabi-Linke,
Das Kapital–Epilogue : A Fable About the End of an Era, 2020.
Installation multimédia : portail métallique, pierres, bois, câbles, vidéo couleur et sonore.
Dimensions variables, vidéo 12''07', portail 535 x 195 x 4,5cm.
Ed. 2/3 (+ 1AP).
Achat à l'artiste.
Collection Frac des Pays de la Loire. © Droits réservés

L'histoire de Das Kapital - Épilogue, 2020

Lors de ma résidence à Amman, j'ai fait une découverte, une propriété qui ne révélait rien d'autre que quelques ruines. Il manquait une maison entière.Seuls une clôture en acier rouillé et le portail marquaient l'endroit comme une propriété privée. La clôture était stabilisée par quelques rochers disposés de façon absurde afin de maintenir une clôture en acier qui ne pouvait servir à rien puisqu'il n'y avait plus un bâtiment à protéger. Le site émettait l'aura étrange d'un objet accablé par sa future obsolescence. Selon un voisin, la maison appartenait à une femme qui habitait elle-même les lieux. Après que quelqu'un lui ait dit que, selon les découvertes et les rapports archéologiques, un ancien trésor était soupçonné d'être enterré sous sa maison, la femme a rapidement décidé de creuser pour trouver ce trésor. Elle a consulté des ingénieurs et a commencé à creuser. Elle a engagé une société qui a démoli la maison pour creuser sur tout le terrain, mais elle n'a rien trouvé. Elle a creusé, elle a creusé, elle a creusé... mais elle n'a rien trouvé. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que selon une nouvelle loi, la propriété était considérée comme trop petite pour un bâtiment de plusieurs étages comme la sienne et celle des voisins. Finalement, elle n'a pas été autorisée à reconstruire la maison et n'a rien trouvé. Pas de trésor, pas de maison. Fin de l'histoire......ou peut-être pas.

Au premier regard, la femme apparaît comme une idiote. À un second regard, elle est une héroïne qui a une attitude aventureuse, selon laquelle tout le monde doit survivre sur la planète Terre dans les conditions de l'Anthropocène. Elle était prête à renoncer au confort qu'elle avait pour atteindre un objectif dont elle n'était même pas sûre. Cette disposition à l'inconfort dans le but de partager un degré de confort inférieur avec les autres est exigée pour résoudre les problèmes les plus urgents d'une civilisation mondiale. Le seul problème, c'est qu'elle l'a fait pour la mauvaise cause. Et cette fausse motivation est le détail même qui m'a fait comprendre que nous sommes tous porteurs de la volonté pour un changement substantiel en nous. C'est probablement en dépit mais plutôt parce que nous sommes des sujets du capitalisme qui a causé beaucoup de problèmes mais qui nous a aussi préparés à l'aventure.
L'objectif était faux mais pas l'action - un message ?
La fable est la clé du sentiment que j'ai ressenti tout à l'heure lorsque j'ai remarqué l'étrange aura du lieu. La maison démolie est une expression parfaite pour l'époque que nous vivons : elle rime avec la figure communément répandue d'une catastrophe mondiale causée par les activités humaines sur cette planète. Le sens d'un temps présent qui s'est laissé dominer par son avenir se rattache immédiatement à la notion d'un avenir précaire qui se fait présent à chaque instant de la vie. Pourtant, le lieu raconte aussi une histoire qui est bien plus que cela.

Les débats sur la situation réelle décrivent les multiples facettes des problèmes actuels sans liens intelligibles qui me laissent un sentiment d'impuissance. Cette fable a produit l'effet inverse. Si un sujet capitaliste peut tout abandonner pour une mauvaise cause, il peut aussi en faire de même pour le bien. Cela m'a permis de comprendre que la solution à nos problèmes actuels ne se trouve nulle part ailleurs qu'en nous. Je considère la "ruine" comme un "monument trouvé" qui exprime parfaitement notre actualité à l'échelle universelle et mondiale. Le site est un dommage causé par l'homme, mais dont le résultat est involontaire, car les désordres environnementaux et politiques qui embrassent de plus en plus la planète Terre depuis que l'homo sapiens a acquis son autonomie face à la mère nature. Bien sûr, c'est un lieu dystopique marqué par la destruction ; mais il porte aussi en lui un moment d'utopie qui montre que la solution pour se détourner de la catastrophe n'est ni une nouvelle technologie à inventer ni une nouvelle humanité à naître. Non, elle fait partie de nous ici et maintenant - encapsulée dans nos cœurs capitalistes. Au fond de nous, nous sommes déjà prêts à opérer un changement substantiel, il nous suffit de faire évoluer les mentalités pour passer des opportunités individuelles aux intérêts publics ; ce qui se traduit simplement par la règle empirique selon laquelle les inconvénients partagés du côté d'une minorité seront contrebalancés par un confort partagé pour la
majorité. (Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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