Acquisition récente

Myriam Mihindou

Née en 1964 à Libreville (Gabon) / Vit et travaille à Clichy.

Myriam Mihindou, Louve (Red Cross), 2017. Coton, étymologies et fils de soie, 55 x 24 x 43 cm. Œuvre unique, Achat à la Galerie Maïa Muller, Paris. © Adagp, Paris. Photo Jean-Christophe Garcia.
Myriam Mihindou, Louve (Red Cross), 2017. Coton, étymologies et fils de soie, 55 x 24 x 43 cm. Œuvre unique, Achat à la Galerie Maïa Muller, Paris. © Adagp, Paris. Photo Jean-Christophe Garcia.
2020
Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA

Myriam Mihindou, Louve (Red Cross), 2017.
Coton, étymologies et fils de soie, 55 x 24 x 43 cm.
Œuvre unique, Achat à la Galerie Maïa Muller, Paris.
© Adagp, Paris. Photo Jean-Christophe Garcia

À la fin des années 1980, Myriam Mihindou arrive en France où elle étudie l’architecture avant d’intégrer l’école supérieure des Beaux-Arts de Bordeaux (elle est diplômée en 1993). Née à Libreville au Gabon, elle a longtemps vécu à la Réunion, au Maroc, et en Égypte. Elle travaille aujourd’hui à Paris. Sa pratique sculpturale, photographique, performative et de l’ordre du langage a été exposée à l’international, y compris dans tous ses pays d’adoption. Ses performances, intenses et cathartiques, sont régulièrement programmées dans les musées et centres d’art. Myriam Mihindou a souvent collaboré avec le Musée Dapper à Paris et participé aux grandes expositions collectives de Simon Njami, en commençant par Africa Remix en 2004. En 2018, elle a dirigé une masterclass spécialisée pour la Biennale de Kampala en Ouganda, et a créé un projet spécifique pour la chapelle du Musée Picasso à Vallauris. Une exposition personnelle se prépare avec Julie Crenn à Transpalette à Bourges en 2021.

Réalisée en coton cousu de fils de soie rouge sang, Louve (Red Cross) est une sculpture suspendue, représentant la tête de cet animal mythique. Le museau moulé et fin contraste avec l’aspect brut et quasi abstrait de la crinière, de la tête et du cou. Ce qui semble relever de la douceur évanescente d’un nuage est en fait une grande densité de matière, dans laquelle est enfouie une sélection de phrases et de mots, partiellement visibles, qui infusent l’œuvre d’une personnalité et d’une mission précises (s’y trouve, par exemple, la définition imprimée du préfixe « amphi », qui signifie « des deux côtés »). Myriam Mihindou travaille la fonction réparatrice de l’action artistique et célèbre l’énergie féminine et ses forces régénératrices. Cette louve, qui fait partie d’une série, est associée à la Croix-Rouge, à la médecine et l’action de veiller. La matière « coton » est elle-même lourde de sens ; ses connotations complexes peuvent en effet aller de l’esclavagisme aux filaments curateurs qui soignent et absorbent les maux des êtres humains. Ce travail processuel, physique et mémoriel, est connecté aux pratiques ritualistes et aux « transperformances » de l’artiste. Figure matricielle, Louve (Red Cross) est en partie autobiographique ; l’artiste y rend hommage à l’héritage reçu de sa mère qui a géré un centre hospitalier en Afrique équatoriale française et a mis en place un processus d’abolition du code de l’indigénat. L’œuvre de Myriam Mihindou pointe l’utilité sociale de l’art, sa capacité à transmettre les mythologies ancestrales et contemporaines, à panser les blessures, à pacifier et à encourager la responsabilité collective.

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