Acquisition récente

Louise Hervé et Clovis Maillet

Louise Hervé : née en 1981 à Chauny / Clovis Maillet : née en 1981 à Loudun / Vivent et travaillent à Paris.

Louise Hervé et Clovis Maillet, L’ingénieure qui transportait des pierres, 2014 - 2020. Béton, bois, protocole d’activation. Bloc : 38 x 107 x 42 cm ; rondins : 6 x (66 x 5 x 5 cm). Œuvre unique, Achat à la Galerie Marcelle Alix, Paris. Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. © Adagp, Paris. Photo Jean-Chrsitophe Garcia.
Louise Hervé et Clovis Maillet, L’ingénieure qui transportait des pierres, 2014 - 2020. Béton, bois, protocole d’activation. Bloc : 38 x 107 x 42 cm ; rondins : 6 x (66 x 5 x 5 cm). Œuvre unique, Achat à la Galerie Marcelle Alix, Paris. Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. © Adagp, Paris. Photo Jean-Chrsitophe Garcia.
2020
Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA

Louise Hervé et Clovis Maillet, L’ingénieure qui transportait des pierres, 2014 - 2020. Béton, bois, protocole d’activation. Bloc : 38 x 107 x 42 cm ; rondins : 6 x (66 x 5 x 5 cm). Œuvre unique, Achat à la Galerie Marcelle Alix, Paris.
Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. © Adagp, Paris. Photo Jean-Chrsitophe Garcia.

Diplômé de l’École Nationale d’Arts Paris Cergy, le duo d’artistes, vidéaste et plasticien, se rencontre durant leurs études. Leur pra- tique repose principalement sur des performances narratives mêlant des anecdotes historiques, des digressions dans la littérature de genre, telles que la science-fiction notamment, des chants et des actions collaboratives avec le public. Un de leurs thèmes de prédilection est l’histoire de la performance, évoquée à travers les pratiques des saint-simoniens, utopistes du début du XIXe siècle ou les suffragettes. Leurs visites racontées s’appuient sur les lieux qui les invitent, ce qui rend les pièces souvent uniques, car in situ.

L’ingénieure qui transportait des pierres croise plusieurs éléments clefs des œuvres de ce duo d’artistes : la reconstitution historique, la performance, la place des femmes dans l’histoire de l’art et la collaboration avec le public. Ce bloc de béton, posé sur des rondins de bois, reproduit une technique néolithique de déplacement de pierres de construction. L’œuvre, disposée dans un espace d’exposition, est à déplacer chaque jour en collaboration avec un visiteur, à qui il est proposé de bouger le bloc, avec l’aide d’un médiateur. À la fin de l’exposition, le bloc aura parcouru une certaine distance grâce à cette action collective disséminée dans le temps. Le féminin du titre rappelle que les femmes dans l’art ont bien souvent été des artisans anonymes qui ont pourtant participé à la construction d’ouvrages majeurs. On suppose aujourd’hui que les peintures rupestres du paléolithique ont été également réalisées par des femmes. La figure de la femme ingénieure tranche avec l’idée du génie artistique ou bâtisseur masculin qui fonde l’histoire de l’art occidental. Aussi, la pièce rappelle à la fois la dimension collective des œuvres mais aussi la place des femmes dans la création, occultée par défaut de façon systématique. En revenant sur des pratiques du néolithique, l’œuvre interroge la pratique de la reconstitution historique. Les artistes associent cette œuvre à une expérience menée en 1979 par des préhistoriens qui avaient entrepris de déplacer un mégalithe du Ve siècle. Bien qu’ils aient été deux cents, ils ne parvinrent à le déplacer que de quelques mètres, les artistes insistant sur « le souvenir inoubliable de la fête que cela avait représenté ».

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